Article invité du mois : Eléonore Affinito, correctrice

Corriger son roman : torture ou meilleur moment pour vous, auteur ?

Corriger son roman est une étape indispensable dans le processus d’écriture, même si ça paraît difficile. Je vous donne 3 bonnes raisons de ne pas esquiver les corrections.
Vous ne savez pas comment vous y prendre pour réviser votre manuscrit ? Je vous révèle 3 pièges à éviter (pour gagner du temps) et 3 étapes pour bien commencer.

(Si vous avez répondu « torture », lisez cet article ! J’espère qu’il vous fera changer d’avis. Selon moi, c’est souvent difficile parce que l’on s’y prend mal ou que l’on ne sait pas comment s’y prendre 😉)

I) Pourquoi vous devez absolument réviser votre texte

1°) Vous le devez à votre lecteur

Quand vous écrivez votre premier jet, vous vous racontez l’histoire à vous-même, avec ses tours et ses détours. Vous tâtonnez. Vous ne connaissez pas encore très bien vos personnages, il se dévoile au fil des chapitres. Vous avez suivi quelques bifurcations dans votre intrigue qui ne se sont pas révélées si intéressantes que cela. Vous avez oublié de donner des motivations à votre méchant. Vous avez passé quelques descriptions, certains de vos dialogues sont trop longs…
Tout cela est normal. Cela fait partie du processus de création.
Le premier jet n’est jamais parfait.
C’est pour cela que l’étape de la correction est si utile.

Lors des corrections, vous modifiez votre texte pour raconter votre histoire au lecteur.
Pour lui, pour lui faciliter la lecture et la compréhension, vous allez clarifier l’intrigue, peaufiner les descriptions, affuter vos dialogues, creuser la psychologie de vos personnages… Bref, créer une version qui le captivera de la première à la dernière page.

2°) Vous le devez à votre histoire

Si vous avez commencé à écrire cette histoire et pas une autre, c’est pour une raison bien précise : vous vouliez divertir, faire passer un message, faire réfléchir… que sais-je ?
Pour que votre histoire touche les lecteurs et atteigne son but, il faut la rendre la meilleure possible. Les corrections autant sur le fond que sur la forme sont là pour ça.
Parce que votre « histoire le vaut bien » 😊

3°) Vous vous le devez à vous-même, auteur

Écrire, ça s’apprend. Corriger aussi. Et chaque fois que vous révisez un texte, vous progressez dans votre pratique de l’écriture, vous devenez un meilleur auteur. Vous vous connaissez mieux, vous comprenez mieux quelle est votre manière de fonctionner, quelles erreurs vous pourrez éviter lors de l’écriture du prochain texte, quels sont vos points forts et vos points faibles. Cela facilitera votre travail pour rédiger l’histoire suivante.

Et je vous rassure, plus on écrit et corrige de textes, plus la phase de correction se réduit. C’est un apprentissage.

Vous allez peut-être me dire à présent : « très bien, mais je ne sais pas par où commencer ? ».

C’est normal. Corriger, comme je le disais, ça s’apprend.
Commençons par parler des erreurs à éviter (cela vous fera gagner du temps).

II) 3 pièges à éviter et dans lesquels je suis tombée quand j’ai commencé à corriger mes histoires

1°) Attaquer tout de suite les corrections dès le premier jet terminé


C’est ce que je faisais.
Résultat : je ne voyais pas bien ce qu’il fallait changer. Je loupais les incohérences (alors qu’il y en avait souvent plusieurs !). Je manquais de recul.

Mon conseil : ne touchez plus à votre premier jet pendant 4 à 6 semaines, voire beaucoup plus si vous sentez que l’histoire a besoin de mûrir ou de se développer dans votre esprit…
Passé ce délai, vous pourrez relire votre manuscrit avec un œil neuf, le redécouvrir comme si c’était une autre personne qui l’avait écrit. Essayez, c’est étonnant. Et beaucoup plus efficace.

2°) Corriger la forme pour éviter de toucher au fond

C’est une erreur qui m’a longtemps collé au stylo. Je ne savais pas comment m’y prendre, quoi vérifier. Du coup, le plus facile était de rester en surface et de peaufiner la forme. Et puis cela me permettait de ne pas « casser » tout ce que j’avais eu du mal à écrire lors du premier jet.

Mon conseil : la correction de forme (orthographe, grammaire, conjugaison, syntaxe, typographie) est indispensable aussi, mais vient en dernier lieu.
La première étape est de s’attaquer au fond (fils d’intrigue, chronologie, personnages, univers, descriptions, dialogues, émotions…).

3°) Réviser mon histoire sans aucune méthode

Je relisais mon histoire, mais je ne savais pas vraiment quoi chercher, quoi modifier et où.
Je me sentais perdue. J’avais l’impression que ce que j’avais écrit était nul et que la montagne était insurmontable. Je n’avais qu’une envie : baisser les bras.

Mon conseil : il y a plusieurs méthodes pour réviser votre manuscrit. Mais l’important, c’est de vous forger la vôtre. Pour cela, il vous faut des bases, puis tester, voir ce qui vous convient, vous parle. Adapter.
Je vous propose quelques pistes pour créer votre propre méthode de correction.

III) 3 étapes pour commencer à corriger votre histoire

1°) Laissez reposer votre manuscrit

Je vous en ai parlé plus haut : 4 à 6 semaines pour un roman, pas moins.
C’est primordial, n’y dérogez pas. Vraiment.

2°) Réalisez une relecture globale de votre texte avec des annotations sur le fond

À ce stade, ne vous souciez pas de la forme (oui, je me répète). Relisez votre manuscrit. Grâce aux 6 semaines de pause, vous redécouvrirez votre histoire et des choses vont vous sauter aux yeux (si, si, vous verrez et c’est ça qui est génial !) : une scène inutile, un décor blanc, un personnage dont l’attitude n’est pas cohérente, une action qui s’enchaine mal avec la précédente.

Notez tout ce que vous repérez sans aucune exception : ne laissez rien sous le tapis, le lecteur le verra (toujours !).

3°) Faites le point sur les intentions qui vous animaient au début de l’écriture de votre histoire

Souvent lors du 1er jet, sans s’en rendre compte, on a dévié de son intention première. 

Mon conseil : avant de vous lancer dans la réécriture, il serait intéressant de vous poser quelques questions :
* Quelle teinte je veux donner à mon histoire (amour, horreur, culpabilité… ?)
* Quel message je veux faire passer, qu’est-ce qui est important pour moi ? Quelle est la substantifique moelle de mon histoire ? En d’autres termes, pourquoi j’ai décidé de raconter cette histoire et pas une autre ?

Deux outils peuvent vous aider : le pitch et le synopsis. (Vous pouvez retrouver des articles concernant ces thématiques sur mon blog.)


J’espère que vous comprenez l’absolue nécessité des corrections (de fond comme de forme) et que vous allez vous créer la méthode qui vous convient pour que ce ne soit plus une « torture ».

Si vous voulez vous appuyer sur une base et aller au bout du processus, j’ai créé un guide pour corriger votre roman en 12 étapes (je vous ai confié les 3 premières dans cet article) : pour le télécharger gratuitement, c’est par ici (https://beta-lecture-and-co.fr/guides-de-correction/)


✨Je m’appelle Éléonore, je suis bêta-lectrice et relectrice-correctrice professionnelle.
Mon maître mot : la bienveillance.
Mon but : aider les auteurs de romans de fiction à corriger leur histoire sur le fond & sur la forme pour envoyer aux maisons d’édition ou autoéditer la meilleure version de leur livre.
Plus de conseils sur mon blog (notamment un article sur le pitch et un sur le synopsis) : https://beta-lecture-and-co.fr/blog/

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