Article invité du mois : Ingrid Lemmer, coach littéraire

Pourquoi tu as besoin de te prendre pour un écrivain ?

Avant tout, qu’est-ce que j’entends par « se prendre pour un écrivain » ?
Regarder « La grande librairie » ?
S’asseoir aux terrasses des cafés avec un Moleskine ?
Posséder une vieille machine à écrire, des lunettes et une robe de chambre en tweed ?

Hello, Johnny.

En fait … oui et non. On va voir ça ensemble.

Si tu es là à me lire, c’est que tu écris. Tout va bien jusqu’ici ? Des romans, des poèmes, peu importe. Tu écris des textes et peut-être que des gens les lisent. Tu me suis toujours ?

Mais est-ce que tu te considères comme un écrivain ?
Et est-ce que tu l’as annoncé à ton entourage ?

Ah, je crois que j’en ai perdu quelques-uns. Et c’est normal : se considérer comme un écrivain, c’est un grand pas en avant (et un coup de pied à notre syndrome de l’imposteur par la même occasion). C’est arrêter de dire « j’écris des trucs par-ci par-là ».

Peut-être penses-tu qu’être écrivain, c’est être publié ? Je t’arrête tout de suite : dirais-tu vraiment que J.K. Rowling n’était pas une écrivaine, alors que les éditeurs refusaient pour la énième fois le manuscrit de Harry Potter à l’école des sorciers ? Être lu, alors ? Mais penses-tu vraiment que personne ne lira jamais ce que tu écris ? Après tout, même sans être publié à compte d’éditeur, il y a l’autoédition, les réseaux sociaux … de nombres possibilités. Ma conclusion est sans appel : tu es un.e écrivain.e. Je vais t’expliquer tout de suite pourquoi c’est très important de le penser.

Pour lutter contre ton syndrome de l’imposteur

Si le paragraphe précédent t’a paru un peu étrange, ou inadapté à toi, qui « écris juste des trucs », je pense que tu es sujet.te au syndrome de l’imposteur. Avant tout : pas de panique ! Même Célia Flaux, que j’ai reçue en masterclass sur ma communauté – Les Explorauteurs – et qui est une autrice publiée dans de belles maisons d’édition et lauréate de plusieurs prix, a toujours le fichu syndrome. Le syndrome de l’imposteur, c’est simplement un symptôme d’un grand manque de confiance en soi.

C’est normal de ne pas avoir confiance en soi quand on débute dans l’écriture, un domaine complètement nouveau, avec des règles, des codes … et pire, l’intégrale de nos livres préférés, qui nous toise depuis le haut de notre bibliothèque avec un air désapprobateur. Non mais tu ne vas quand même pas écrire ça ? C’est vraiment nul. Et cette répétition, là, tu l’as vue ?

*Chuchotements médisants*

En revanche, c’est dommage si le syndrome de l’imposteur te frappe alors que tu écris depuis quelques années (ou mois). S’il t’empêche d’avancer parce que chaque ligne te semble nulle, s’il cause des blocages ou t’empêche de partager ta passion à tes proches. J’espère que tu seras d’accord avec moi. (Sinon, note-toi cet article dans un coin, et reviens-y dans quelques mois !)

Pour savoir où tu vas

Hé oui, tout simplement ! Quand je coache des écrivains, je commence toujours par leur demander quelle est leur vision à long terme, comment ils se voient dans quelques années et quelle place l’écriture a dans cette vision.

Quel rapport ? C’est simple : cette vision, c’est leur destination. Et l’écriture, c’est leur moyen d’y arriver – leur véhicule, si on veut. Peu importe si c’est un Vélib grinçant ou une Tesla, ils y arriveront. En revanche, définir cette vision permet aussi d’accomplir une étape importante : le plan d’action ! Ou l’itinéraire. Les différentes étapes, projets … qui les rapprocheront de leur vision, même un peu. Pour être sûrs de partir dans la bonne direction !

Si ça ne te parle pas, je te propose mon exemple : à la base, je voulais tout simplement être publiée en librairie. C’est tout. J’ai fait mes dents sur mon premier roman, Cri dans le chaos, que j’ai relu plusieurs fois, je me suis inscrite à des concours, j’ai découvert la bêta-lecture et j’ai recorrigé Cri dans le Chaos, j’ai commencé à écrire sa suite … et en furetant parmi différents concours, je suis tombée sur un concours de pitchs pour une maison d’édition plutôt axée développement personnel. Parfait : j’avais une idée de livre de développement personnel sous la dent. J’y suis allée en toute confiance et sans aucun manuscrit sous la main… et j’ai gagné. Si je ne m’étais pas vue comme une écrivaine publiée, je n’aurais certainement jamais osé faire un truc pareil !

Je ne peux malheureusement pas te donner plus de détails sur le livre en question, mais il sortira en octobre 2021 !

Pour renforcer ta motivation

Mon exemple montre autre chose : c’est ma confiance en moi qui m’a permis de décrocher ce contrat d’édition. (Et pas du tout parce qu’il se basait sur une idée révolutionnaire ! D’autres livres avaient été publiés sur la même thématique avant moi, je préfère le préciser). Prendre confiance en soi a de très nombreux avantages, trop nombreux à lister ici, mais le plus beau à mes yeux est l’impact sur la motivation.

J’en parle plus en détail dans cet épisode de podcast : https://jecrisunroman.fr/motivation-pour-ecrire  la motivation n’est rien sans un état d’esprit positif. C’est lui qui te mènera au bout du premier jet, qui te guidera les jours où la motivation ne sera pas au rendez-vous, qui te rappellera la destination finale plutôt que les ronces du chemin.

Pour prendre de bonnes décisions

J’ai une dernière raison pour la route : souvent quand on prépare ou écrit un roman, on réfléchit de manière logique. Il est logique que tel personnage agisse comme ça, que tel événement se produise … or, j’espère que tu seras d’accord avec moi, si écrire relevait de la logique, cela se saurait !

Est-ce qu’il est « logique » qu’Harry Potter reçoive une lettre d’admission à une école de magie alors qu’il habite dans notre monde ? Non ! Plusieurs fois, en me concentrant sur ma vision d’écrivaine, mon intention avec mon livre … j’ai réussi à prendre des décisions qui m’ont sûrement économisé plusieurs semaines d’errance. D’ailleurs, il n’était pas logique que je postule à un concours de pitchs pour un livre de développement personnel en ayant écrit seulement des romans … quoi, tu veux un autre exemple ? Bon, d’accord.

Saint-Exupéry, ça te parle ? Le petit Prince ? Mais connais-tu la genèse de ce livre ? Saint-Exupéry est un aviateur, un voyageur et un reporter. Jusqu’à 1942, il a logiquement publié des livres de voyage et des récits sur l’aviation. Suite à différents voyages et expérience, il commence à dessiner partout un petit bonhomme aux cheveux dorés. Ce serait son éditeur américain qui lui aurait suggéré de lui donner vie dans une histoire. Si St-Exupéry avait été « logique », il aurait peut-être répondu que ce livre n’aurait rien à voir avec ce qu’il savait écrire, ou que transformer un dessin en livre risquait d’être compliqué …

La suite, tu la connais !

Alors, es-tu un.e écrivain.e ?

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