Participations au Rendez-Vous des Plumes – Mars 2021

Bonjour tout le monde !

La troisième session du Rendez-Vous des Plumes a été lancée sur le thème « commencement » grâce à des incipits originaux. La diversité des participations reçues sur ce thème m’a plus que réjouie, et j’ai hâte de les partager avec les autres membres du jury. Pour information, les trois lauréats des mois de janvier et février vont être annoncés sous peu ici-même !

Les textes ne sont relus qu’au moment de leur publication, et ce uniquement dans le but de vérifier qu’ils ne contreviennent pas au règlement de l’atelier d’écriture. Si le cas devait se produire, le texte ne serait tout simplement pas publié, sans autre recours possible de son auteur. La Petite Boutique des Auteurs n’est pas responsable des coquilles, fautes d’orthographe, syntaxiques ou grammaticales éventuellement présentes dans les textes qui participent au Rendez-Vous des Plumes.
Merci d’en prendre note avant lecture.

Amelia

Inspiration n°1

· Texte de Sandrine Drappier ·

Je me souviens très bien de ma première cuite. C’était un mardi soir. Bien après que la maisonnée ait retrouvé son calme. Et de dépit, et de renonciation, et de colère, j’ai pris la bouteille de vin dans le placard de la cuisine.
J’ai vu mon père mourir. C’était à l’heure où les ouvriers rentrent chez eux. A la croisée des routes, juste devant le bar où mon père avait ses habitudes pour se donner du courage avant de retrouver sa marmaille et sa femme revêche. Un attroupement s’était formé, une voiture avait pilé en travers de la route. Mon père avait la face étalée sur le bitume, sa mobylette écrasée à côté de lui. J’ai bifurqué dans une ruelle pour ne pas passer devant son cadavre. Le sang tapait à mes tempes. J’avais l’impression de ne plus pouvoir respirer. J’ai couru à côté de mon vélo pour monter la grande côte après le portillon. Une mélopée dans ma tête. Mon père est mort ce soir. J’ai ri. Mon ventre riait, mes poumons riaient, mais mon visage est resté aussi figé que d’habitude.
Un peu avant d’arriver à la maison, je me suis dit « mais comment allons-nous vivre désormais ? ». Etait-il possible que nous devenions encore plus pauvres que nous ne l’étions déjà ? Comment ma mère pourrait-elle reprendre une activité salariée avec cinq enfants dont trois encore en bas âge ? Pourrions-nous vivre avec seulement les allocations familiales ou existait-il une allocation de perte de père ? L’espace d’un instant, je nous ai vus quitter notre si petit appartement pour un autre logement plus petit encore.
J’ai ouvert la porte. Les petits jouaient dans leur chambre. On les entendait rire. Ma mère préparait, comme chaque soir à cette heure-là, le repas du lendemain. Elle a levé la tête de ses casseroles un instant. Cela sentait la viande bouillie et les pommes de terre rissolées. J’ai ouvert la porte de ma chambre. Ma sœur ainée faisait ses devoirs. J’ai posé mon sac rapidement avant qu’elle ne me montre la porte d’un air menaçant. Je suis retournée à la cuisine. J’ai mis la table. C’était, comme tous les soirs, le calme avant la tempête. Mais aujourd’hui, l’ogre ne rentrerait pas. Les minutes s’égrèneraient avant que les gendarmes n’arrivent pour nous apprendre la nouvelle. Aujourd’hui, était le premier jour d’une autre vie. J’attendais.
Nous avons mangé sans lui comme chaque soir. Après la vaisselle, ma mère est devenue irascible. Les petits se sont mis à s’énerver sans raison apparente. Ma sœur était déjà retournée dans notre chambre. La tension était palpable. J’étais la seule à être d’un calme apparent. Tendue, nerveuse en attendant la délivrance. J’ai souri. Ce soir, un coup de sonnette viendrait nous délivrer. Notre sort ne nous appartenait déjà plus.
Un à un, j’ai lavé mes petits frères et sœurs puis les ai collés devant la télévision pour manger leur fruit avant d’aller se coucher. Ma mère faisait sa couture en se rongeant les sangs. J’ai eu envie de lui dire mais je n’ai pas pu. Les gendarmes étaient bien longs. Pourtant, mon père avait toujours ses papiers dans la poche intérieure de son veston. Et puis, de toute façon, il était connu comme le loup blanc.
J’ai couché les petits. L’horloge de la salle à manger a sonné vingt et une heure quinze. J’ai lissé ma robe nerveusement. Le dos droit sur la chaise, je faisais semblant de regarder le programme télévisé. Un cri a retenti dans la cage d’escalier. Tous mes sens en alerte. La porte s’est ouverte à la volée. Mon père est entré. J’ai cessé de respirer. Ma mère a posé son ouvrage. Elle s’est levée sans rien dire, est allée réchauffer les gamelles. Mon père s’est affalé sur la banquette en aboyant « t’es encore pas au lit, toi ! ». Je n’ai pas répondu.
— Bonnes à rien, vous êtes toutes des bonnes à rien, vous profitez de mon fric, je m’use la santé pour vous nourrir.
Il a craché par terre. S’est levé. A renversé deux chaises en titubant. Il a levé la main.
Mon père n’est pas mort ce soir. Et de dépit, et de renonciation, et de colère, je me suis levée alors que la maison avait enfin retrouvé son calme. J’ai pris la bouteille de vin. J’ai bu. Toute la bouteille. J’ai essuyé ma bouche d’un revers de main. Résistant à l’envie de vomir, au dégoût. Puisque j’étais la fille de mon père.


· Texte de Guillemette Loyez ·

Inspiration n°1

Je me souviens très bien de ma première cuite.
Le saviez-vous ? Selon notre fidèle compagnon G., l’âge moyen de la première cuite est de quinze ans. Et bien moi, j’avais dix ans, en 2021. Et je me suis dit que je devais absolument fêter cet anniversaire. Dix ans, oui, ça se fête. Et pas qu’un peu.
Oui, moi la Chouette Guillemette, je me suis enivrée, totalement, pleinement. J’ai lâcher prise. Je me suis laissée embarquer. J’ai goûter à la lie. Avec ça je ne serais plus jamais crue. Mais complètement cuite, oui, je m’en souviens très bien.

Je ne me souviens plus très bien pourtant du Jour Zéro de l’An Zéro.
Une image, pourtant, me revient. Une fenêtre, étroite et haute, au premier étage de la meulière que nous venions d’acheter. J’ai un téléphone portable à la main, droite. Collé sur l’oreille droite.
Une sensation, je marche sur le sol recouvert de jonc. Je suis pieds nus et je sens le sol inégal me masser. Il y a le soleil qui entre à l’oblique dans la pièce.
Un son, ma voix, et celle plus lointaine de ma jumelle. Celle dont j’emboîte toujours le pas, à quelques pas de là. On se parle on rit, on a déjà vécu mille vies, on s’apprête à en vivre mille autres. On le sait, on ne le sait pas, pas à pas, on se suit. C’est cuit. On s’est dit oui…

Entre l’An Zéro et cette fête d’anniversaire de mes dix ans, un grand grand vide. Tellement plein pourtant. Des fois, je me dis « ah ouais tout ça… » et des fois, « ah ouais tout ça… pour ça ! »
Des fois, le temps s’est arrêté, d’autre fois il s’est accéléré. Il est taquin celui-là.

J’ai ri. J’ai pleuré. J’ai crié. J’ai chuchoté. J’ai somnolé. J’ai veillé. J’ai marché. J’ai trottiné. J’ai aimé. J’ai détesté. J’ai réparé. J’ai brisé. J’ai embrassé. J’ai refoulé. J’ai lu. J’ai écouté. J’ai tapé. J’ai dicté. J’ai écrit. J’ai effacé. J’ai répété. Sans jamais rien regretter.
Ma première cuite, elle a duré dix ans. J’en ai pris plein les dents. Je suis restée en plein dedans.

Quand,
je me suis réveillée, j’étais hébétée, tétanisée, démobilisée,
mais pas affaiblit, Grandie.

L’épreuve était passée. Un succès.
Pourtant droguée, j’ai engendrée
Une Chouette
Guillemette.

Dix ans que l’on tient. Comme de l’étain, notre alliage est solide. C’est splendide.
Ça valait bien une cuite. Complètement fortuite. Sans fuite. Gratuite, réduite à un dix de conduite.

Sur ma route, quelques autoroutes, une belle banqueroute, beaucoup de casse-croûte, de la déroute, et la découverte d’une magnifique véloroute. Celle qui te fait passer du niveau zéro au plus haut sommet d’Europe. Celle qui t’épuise. Celle qui te revigore. Celle qui te secoue. Celle qui te réjouit.

Des rencontres au sommet.

De celles que tu détestes. De celles que tu embrasses. De celles que tu étreins. De celles que tu hais. De celles que tu aimeras à la folie, un jour et pour toujours. De celles qui te feront oublier que demain est un autre jour.

En vérité, je me souviens très bien de ma première cuite, c’était une course poursuite. Une suite de reconduite.
En Terre Cuite, je me suis retrouvée.
Fragile.
Ephémère.
Légère.
Sur une île,
inhabitée.

Mais Mais…
On dirait
Que je ne peux me souvenir
de mes dires
dont j’ai ouï dire
qu’ils se sont noyés dans un rire.
A Ja-Mais.

Une cuite, ma première. A l’âge de raison, une oraison, sans comparaison, rêvons de toutes les saisons. Avec une cargaison, laissons, cessons, reconnaissons, naissons ! Avec un crayon, gommons.
Et recommençons.
Un nouveau cycle, une nouvelle ère, en terre inconnue,
dans un bel hémicycle, le long de la rivière,
Bien-venue.


· Texte de Cathy Borie ·

Inspiration n°2

Une brique avait fait exploser la fenêtre
Dehors le ciel bleuissait quand même
C’était un printemps où il neigeait des pétales blancs
Les foules avançaient sous les bourrasques de fleurs
Dans les rues grises
Des cris et des coups
Des prières et des slogans
Des grondements et des murmures
Sur le sol de ma chambre
Le carreau cassé brillait en mille étoiles
Qui me montraient le chemin
Mais que serait demain
S’il fallait tout recommencer ?


Inspiration n°2

· Texte de Catherine La Mouette ·

Une brique avait fait exploser la fenêtre. La fenêtre du palais de l’Elysée devant lequel je me tenais. Moi, et une foule de manifestants. Cette manifestation, je l’avais moi-même organisée. C’était d’ailleurs assez surprenant étant donné que cela faisait des années que je prônais la force des actions individuelles. C’est ce que me rappelaient souvent mes supporters du début, ceux qui étaient là quand je parlais dans le vide et que personne ne m’écoutait.

Comment j’en étais arrivée à me retrouver devant l’Elysée ? L’économie s’était effondrée parce que j’avais finalement été écoutée. J’avais exprimé ma vision : changeons notre façon de consommer pour contenir le changement climatique. J’avais montré que cette vision était plus saine et rendait plus heureux que celle qu’on nous avait inculquée depuis que nous étions enfants. Petit à petit, les comportements avaient changé. La consommation de viande avait diminué, les avions avaient été boycottés, les objets inutiles avaient été boudés. Les pionniers passaient, certes, pour des extraterrestres, ou, en bobo-gaucho-idéalistes suivant l’expression de l’époque.  Puis, le point de bascule avait été atteint. Ce point au-delà duquel un comportement auparavant rare devient la norme et est adopté par tout le monde. Cela avait provoqué l’effondrement de l’économie.

Mais l’ancien monde n’avait toujours rien compris. Les politiques restaient cramponnés au sacro-saint PIB et à la croissance. Ils avaient créé une série de plans de relance pour une économie dont plus personne ne voulait. Même les banques avaient fini par ne plus suivre. Prêter à l’Etat était devenu un investissement qui n’était ni sûr ni rentable. Ne nous sentant pas écoutés, nous avions commencé par organiser des discussions dehors, dans des parcs, dans une ambiance plutôt bon enfant. Ensuite, nous avions réinvesti les jardins municipaux pour y faire pousser nos fruits et légumes. Cela avait fait boule de neige. Des idées avaient émergé chez les particuliers. En mode, on va bêcher à plusieurs et on partage les récoltes. Pour beaucoup, c’était même devenu un moyen indispensable pour manger.

Ce jour-là, c’était moi qui avais initié le rassemblement : nous voulions montrer au monde que l’élection présidentielle à venir n’apportait pas les bonnes solutions. Les slogans « Le PIB nous mène à notre perte » ou « il faut réinventer le capitalisme » étaient écrits sur les affiches et scandés par mes followers. C’est comme cela que je les appelais depuis que je les avais conquis grâce à YouTube depuis plusieurs années.

Une brique venait d’être lancée.  Moi, qui étais très pacifiste, qui n’avais pas envie d’en passer par la violence, je me retrouvais associée à ce que je dénonçais. J’allais devoir assurer. Je dis à Nicolas : « Donne-moi ton porte-voix ». Puis je me hissai sur les grilles du palais. Derrière celles-ci, les rangs des CRS s’étaient resserrés, prêts à faire feu au moindre problème…

Mes followers ont commencé à scander : « Julie, Présidente ! ». Les présidentielles auraient lieu 6 mois plus tard. Le casting ne faisait pas rêver. La campagne présidentielle tournait autour d’un débat sécuritaire stérile. Du déjà-vu.

Un sentiment grisant s’est emparé de moi. Là, devant cette foule, l’Elysée derrière moi. C’est à ce moment-là que j’ai senti quelque chose se rompre en moi. Je n’étais plus le guide lointain qui inspire dans chaque foyer par le biais de mes vidéos. J’étais devenue celle qui devait assumer. J’ai pris conscience que je m’étais toujours engagée dans des actions individuelles parce que je ne me voyais pas rejoindre un groupe. Si groupe il devait y avoir, je devais en être le leader. N’était-ce donc pas ce que j’avais toujours voulu ? Avec cette révélation, il m’est clairement apparu ce que je devais dire.

Mon discours fut un discours de campagne. Les dirigeants actuels ne voulaient pas comprendre ? Nous allions leur expliquer ! Si nous voulons que la terre reste vivable, nous devons respecter les accords de Paris. Nous ne ferons pas dans la dentelle : limiter les émissions de gaz à effet de serre sera notre ligne de conduite. Les entreprises seront limitées. Elles en émettent trop ? Elles s’arrêteront ! Elles importent du matériel de loin ? Ce sera décompté de leur quota carbone ! Les voyages en avion au kérozène seront interdits. Fruits et légumes de saison et locaux obligatoires. Ils seront cultivés par et pour la communauté. Les espaces publics seront revus. L’énergie sera rationalisée.

A la fin de mon discours, j’ai demandé à mes followers de faire du bruit s’ils étaient prêts à me suivre. Et ils en ont fait. Un sentiment grisant s’est emparé de moi, en même temps qu’un léger mouvement de recul. Imperceptible pour l’extérieur mais bien réel en moi. Ainsi, c’était aussi simple que cela ? Il suffisait juste de demander. Une espèce de peur m’a saisie. N’étais-ce pas ce frisson grisant qui conduit à vouloir toujours plus de pouvoir ? Qui en a même conduit certains à devenir des dictateurs ? Comme cette fois, c’était moi que la foule suivais, je balayai mes inquiétudes et me laissai emporter par la liesse générale. J’annonçai : « Rendez-vous dans les urnes en avril prochain ! »

C’était le 15 Octobre 2026, c’était le premier jour du mouvement qui allait emporter la France vers ce qu’elle est aujourd’hui. Ce monde qui n’aggrave plus la situation climatique. Ce monde qui respecte l’accord de Paris signé en 2015, il y a 40 ans.


Inspiration n°3

· Texte de Mélanie Gertsch ·

Il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes. Elle ne l’attendait plus. Plus depuis que d’autres au village avaient eu raison de ses espoirs. Pour elle, il était parti, envolé, en fumée. C’est ce qu’ils disaient. Certains racontaient que les hommes, les femmes et les enfants étaient brûlés vifs, gazés puis jetés dans une fausse où tous, morts ils s’entassaient. C’était à n’y rien comprendre. Comment des hommes, des femmes, sensés protéger la nation et son peuple pouvaient-ils faire une chose pareille ? Elle avait fini par croire les mensonges des personnes du village, de ceux qui avaient réussi à se planquer, de ceux qui avaient passé jours et nuits dans le maquis. Ils avaient enfin tous tord depuis qu’il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes. Les fleurs violettes manquaient de fraîcheur, il avait du les ramasser il y a quelques kilomètres déjà. Lui aussi manquait de fraîcheur. Il avait maigri, il portait ce qui paraissait de loin être un trop grand pyjama pour son corps trop frêle. Il arrivait d’un pas las et fatigué, il arrivait enfin depuis le temps qu’elle l’attendait. La route avait été longue et son corps avait bien failli lâcher à plusieurs reprises mais s’il avait réussi à passer entre toutes les mailles des atrocités qu’il avait vu pendant ces 3 dernières années, ce n’était pas pour craquer maintenant. Il avait mal, il n’avait plus beaucoup de force, plus beaucoup de foi non plus mais s’il était arrivé jusque là c’est qu’il y avait quelque chose à faire. Si lui plutôt que ses camarades demeurait debout aujourd’hui c’était bien pour quelque chose, il s’en était persuadé tout le long du chemin. Cette pensée pouvait le sauver tout comme le rendre fou, il le savait. Tant qu’il ne devenait pas aussi fou que ceux qui l’avaient enfermé, forcé à travailler sans relâche, l’avaient frappé, privé de nourriture, avaient tué ses amis et d’autres enfermés comme lui ; s’il devenait fou parce qu’il pensait s’en être sorti miraculeusement et pour une raison précise alors cette folie ne regardait que lui. Il tenait le bouquet de fleurs violettes pour elle qu’il avait laissé pendant tout ce temps. Il se posait seulement la question ce jour-là : l’avait-elle attendu ? L’avait-elle espéré ? Était-elle toujours en vie ? Était-elle toujours aussi amoureuse ? Il avait cueilli le bouquet de fleurs violettes quelques kilomètres plus tôt, elle aimait les fleurs, elle aimait le violet mais il ne savait pas si les fleurs violettes lui plaisaient et lui plairaient. De plus, elles étaient déjà en train de mourir mais il tenait à cette petite attention, il tenait ce bouquet comme il avait tenu ces dernières années, avec un espoir de renouveau, un espoir de commencement.
Comme il était arrivé tout près d’elle, elle avait pu voir à quel point il avait maigri, à quel point il avait vieilli. Elle espérait ne pas avoir autant vieilli en si peu de temps. Il tenait le bouquet de fleurs violettes comme un trophée, le trophée de sa liberté, il lui donnait, elle ne le remerciait pas, elle l’enlaçait, elle l’avait retrouvé, il lui était revenu. Elle ne lui demandait pas comment il allait, ni d’où il venait, il ne lui demandait pas si elle l’avait attendu, il le savait. Ils ne savaient rien de tout ce temps qui les avaient séparés, ils ne se racontaient pas. Un commencement ne s’appuie pas sur ce qui a été mais sur ce qui est, sur ce qui sera. Par un accord tacite et tapis de bienveillance, ils ne parleraient jamais de ce qui les avaient séparés. Elle ne saurait jamais ce qu’il lui était arrivé, il ne saurait jamais si elle l’avait attendu autant qu’il l’avait espéré. A quoi bon ? Ils étaient de nouveau réunis depuis qu’il était arrivé avec un bouquet de fleurs violettes.


Inspiration n°3

· Texte de Laureline Eliot ·

Il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes et un sourire survolté. J’ai répondu à son sourire et j’ai su immédiatement. Au plus profond de moi, là où se nichent les intuitions les plus douces, j’ai su que ce jour-là, nous venions de créer une coutume. Nous venions d’inventer un moment rien qu’à nous, une de ces pépites qui se multiplient, grandissent et illuminent les chemins de vie. Nos vies.

Des preuves d’amour, il y en a eu d’autres, évidemment. Des centaines, des milliers sans doute ; je ne les ai pas comptées, mais je les ai toutes savourées. Il n’a jamais été avare de cadeaux. Pas besoin de dévaliser les bijouteries pour m’offrir les plus beaux atours. Les restaurants gastronomiques étaient à la maison, parfois au fond du jardin, sur la table ronde métallique bancale qu’il recouvrait d’une jolie nappe colorée. Mes tiroirs débordent encore de toutes ses petites attentions qu’il a eues pour moi.

Il a aussi partagé d’inestimables bouts de son existence tels que son endroit préféré ou certaines de ses premières fois, et je les chéris comme autant de joyaux. J’ai été le témoin privilégié de tellement d’incroyables moments. Je l’ai vu successivement courageux, vulnérable, exalté, secret, amoureux ou fier. Le temps passant, les choses ont changé et pourtant, grâce à notre tradition, elles sont restées identiques, au moins une fois dans l’année.

À la même date, donc, il m’offre des fleurs violettes de variétés et de tailles différentes. Tant et si bien que son fleuriste et lui sont devenus de proches amis. Parfois, je n’ai même pas le bon contenant. L’an dernier, je me souviens qu’il a surgi à ma porte avec des iris d’un mètre de haut ; je me suis esclaffé et son rire a fait écho au mien, ricochant sur mon cœur qui fatiguait déjà.

Paupières closes, adossée à mon oreiller, je repense à tout ça et je souris, comblée. Quelques coups frappés à la porte m’incitent à me redresser sur le lit d’hôpital et je sais que c’est lui avant même qu’il n’apparaisse sur le seuil.

Il entre avec un bouquet de fleurs confectionnées en crépon violet qu’il me tend aussitôt, ému. Ses cheveux ont commencé à grisonner et dans son sourire, il ne manque plus aucune dent, mais il est toujours aussi beau. Mon fils.


Inspiration n°3

· Texte de Laetitia Aubert ·

A fleur de peau

« Il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes. »

Tout simplement.
Il a cogné à la porte, trois petits coups, il est entré, m’a dit bonjour avec sa voix chaleureuse comme un petit rayon de soleil qui se faufile dans la pièce à travers la fenêtre.
Des fleurs violettes.
Mises dans le vase sur la table.
C’est si désuet.
Des violettes.
Je n’ai rien dit. Je n’ai pas pu.
Alors il a arrangé les fleurs dans le vase.
Des violettes.
C’est un joli nom pour une fleur. Même si de ma place, on dirait des pensées dont les couleurs sont passées, cueillies à toute vitesse sur une place du centre-ville, sans se faire prendre.
Il a retiré le bouquet de la veille, le jetant dans la poubelle, sans égard pour les petites violettes, sans me demander mon avis.
Et je n’ai rien dit.
Il s’est assis, tout près de moi, entamant la conversation.
Je n’écoutais pas. Je m’interrogeais : pourquoi des violettes ?
C’est si désuet.
Il est resté un bon moment, racontant ce que je savais déjà.
Il m’a embrassée. Sur le front.
Je l’ai laissé faire.
Il reviendra bientôt.
Il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes.
Ponctuel. Trois petits coups à la porte. Un baiser sur le front.
Des violettes.
C’est un joli nom pour une fleur.
Mais c’est commun. Le nom. La fleur. La corolle délavée. Les pétales rares et trop grands. Le pistil blanchâtre.
Cette fleur ramassée dans les bois, une fleur sauvage arrachée à sa liberté qui ressemble à un cœur. C’est ce qu’il a dit la dernière fois.
A-t-il compris qu’il devait me convaincre ?
Il change l’eau du vase. Encore. Jette le bouquet qui n’a pas le temps de flétrir. Il place le nouveau. Sur la table.
Je ne dis rien.
Je regarde.
Combien de temps encore va-t-il venir avec ces fleurs violettes à qui il arrache le bonheur du grand air, de la fraîcheur des sous-bois ?
Combien de temps faudra-t-il que je reste les yeux ouverts, fixés sur lui, fixés sur le vase, sur ces violettes qu’il mutile ?
C’est comme une éternité.
Les mêmes gestes.
Les mêmes détails.
Le même bouquet.
Des violettes.
Rien ne distingue la veille du lendemain.
Je ne dis rien.
Je regarde.
L’éternité qui s’écoule.
Les trois petits coups.
Je crois que je n’aurai pas la force d’ouvrir les yeux aujourd’hui. Je ne veux pas voir.
Mais c’est impossible.
À cet instant, mon cœur tressaute : il est arrivé avec un bouquet. Comme à son habitude.
Mais ce ne sont pas des violettes, ces fleurs trop pâles ramassées dans les sous-bois.
Pourquoi ?
Que se passe-t-il pour qu’il change son rituel ?
Est-ce que cela est réel ? Suis-je entrain de rêver, tant mon désir de voir autre chose est immense ?
Mais c’est bien lui. Lui, avec les trois petits coups, le baiser sur le front, qui change l’eau du vase, jette les violettes de la veille.
Aujourd’hui, dont je ne sais ni le jour, ni la date, ni l’année, il est arrivé avec un bouquet de roses.
Rose.
C’est un bien joli nom.
Pour une fleur.
C’est le mien, également.
Celui que je pouvais annoncer dans une vie qui m’appartenait, dans une vie où je chantais, dans une vie où je pouvais avouer que je n’aime pas les violettes puisqu’il les a privées de sous-bois, de grand air, de chants d’oiseaux pour les enfermer ici avec moi.
Il les a arrachées à une vie où Rose n’était pas qu’un simple bouquet posé sur une table, où j’étais moi, debout, vivante, souriante, et franche. Celle qui aurait dit Tu exagères, tu le sais, je n’aime pas les violettes !
Aujourd’hui, je ne peux pas.
Je ne peux plus.
Même lui dire que je suis ravie pour ce bouquet de roses, ces roses qui amènent avec elles la voix de mes parents, les murmures d’amour, les éclats de rires, ma vie d’autrefois.
Il ne peut pas le deviner. Il ne peut pas le savoir.
Jamais.
À moins qu’il n’aperçoive la larme qui glisse au coin de mon œil ?
La seule émotion qui a pu s’échapper de ce corps où je suis prisonnière, cette coquille qui m’abrite, mais qui ne m’appartient plus ; c’est cette larme fragile, fugace comme une goutte de rosée dans la fraîcheur de l’aube qui pourrait lui dire merci.
Je suis à l’intérieur de ce corps avec toutes mes pensées, mes chagrins, mes questions, mes colères, mes espoirs, enveloppée dans un silence sans fond. Mes yeux sont ouverts. Mon esprit fuse.
Mais rien ne bouge.
Je suis une statue dont le regard est fixé sur un vase que mon amoureux remplit chaque jour d’un bouquet de violettes.
Pourvu que demain, il pense encore aux roses !
Ce serait un petit bout de mon âme que je pourrai contempler, là-bas, sur la table, loin de ce corps.
Comme si j’avais réussi à m’échapper. Faire quelques pas pour sentir le parfum du passé.

À demain mon amour !
N’oublie plus jamais les roses…
C’est un peu de l’âme de ta Rose qui survit.


Inspiration n°3

· Texte de Clara Berut Lhopital ·

Il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes.
Et un petit mot, où j’ai simplement pu lire : Je t’aime.
Ce « il » était un livreur de fleur, désolé de vous décevoir. Et pour empirer les choses, personne
dans ma vie n’avait pour habitude ce genre d’attentions.
Ceci dit, c’était une distraction bienvenue, parce que ce matin, j’étais coincée. L’histoire que je
voulais raconter était perdue au milieu d’une page noire de mots et je n’arrivais pas à la retrouver.
Beaucoup d’écrivains connaissent la page blanche, ce n’est — malheureusement ? — pas mon cas.
À force de mots, je ne trouvais plus ce qui comptait vraiment ! Quelle frustration !
Qu’est-ce que je voulais vraiment dire avec ces mots ? Ce matin-là, je n’arrivais pas à trouver la
réponse.
Alors, j’ai laissé mon esprit vagabonder autour de l’histoire de ce bouquet. Le livreur avait-il essayé
de me dire quelque chose ? Avais-je un admirateur secret ? Qui ? Pourquoi ?
En me préparant une tasse de thé, j’imaginais cet admirateur secret, mais j’ai fini par le laisser
partir. Une personne inconnue, qui sait où j’habite… Des histoires de films d’horreur me venaient à
l’esprit, et je préférais encore ma page noire. J’aime mieux les admirateurs connus. Et si la moi du
futur m’avait envoyé ce bouquet pour me faire passer un message… Non, je n’étais pas écrivain de
science-fiction, après tout. Mais je me demandais tout de même : quel message l’Univers pouvait-il
bien m’envoyer ? Une fois mon thé terminé, et mes suppositions épuisées, je n’avais toujours pas
envie de retourner devant ma page – Procrastination quand tu nous tiens — .
Alors, je suis allée marcher. Il semblerait que les meilleures idées viennent lorsque l’esprit est
occupé à autre chose. Et puis la nature et les êtres humains m’ont toujours inspiré. Peut-être qu’à
travers eux, je retrouverais l’histoire que je n’arrivais pas à raconter. Alors, j’ai ouvert mes yeux et
mon cœur, et j’ai observé.
Dans ce grand espace de verdure, à la fois calme et plein de vie à la lumière du soleil déclinant. J’ai
vu des chiens petits et gros courir avec joie, comme si rien d’autre n’avait d’importance. Et, j’ai
pensé qu’ils avaient bien raison. J’ai vu des couples se tenir par la main, certains discutant avec
entrain, d’autres en silence. Je me suis demandé ce qu’ils ressentaient. Étaient-ils bien ? Désiraientils
autre chose ? Est-ce qu’ils s’aimaient encore ?
Et soudainement, j’ai trouvé la réponse. J’ai trouvé les mots importants au milieu de la ribambelle
de ceux qui me cachaient la vérité. Ce bouquet ne m’était peut-être pas destiné. J’espère qu’il n’était
pas le bouquet perdu d’une amoureuse qui s’était trompé d’adresse, le bouquet de quelqu’un d’autre
qui finalement m’était adressé. Mais j’avais compris le message de l’Univers. J’avais retrouvé la
mémoire. Je voulais parler d’amour.
Je voulais parler de vivre ce « Je t’aime ». Je voulais aimer toutes les parties de moi, et les faire
s’aimer encore. Je voulais partager cet apprentissage. Et, mes mots sont tout ce que j’ai pour
documenter un chemin que peut-être d’autres seront inspiré à prendre. Sur le mien, on trouverait des
petites violettes. Et à chaque pas, les mots : Je t’aime. Jamais cachés par d’autres mots.
Ces petites fleurs violettes, c’était mon « Je t’aime ». Et la bonne question pour commencer mon
histoire. L’histoire d’un amour inconditionnel. Je m’aime encore. Et toujours.


Inspiration n°3

· Texte d’Axelle Scholtes ·

Le bouquet final

Il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes.
Exactement comme il y a neuf ans, devant ma porte, tout dégoulinant de pluie et puant le tabac. Son costume était usé aux entournures, trop grand sur son corps frêle, son nœud papillon défait. Il avait sonné trois fois le temps que j’ouvre et tapait du pied sur mon paillasson.
Je l’avais attendu toute la soirée puis toute la nuit, et le voilà qui s’impatientait sur mon palier comme si j’étais en retard. Quel culot… Je l’aurais bien étranglé sur place avec son bouquet de fleurs fanées. Des campanules en décembre ? Même son bouquet avait du retard.
J’avais donc ouvert la porte, prête à me jeter sur lui toutes griffes dehors, quand il m’a souri. Quel culot !

Je n’ai pas su lui résister. Jamais. Quoi qu’il fasse, ses retards, ses mensonges, ses tromperies… Son charme me tenait enchaînée, prête à accepter l’inacceptable pour le garder à mes côtés.
Il m’a d’abord offert ces fleurs, puis ses poings. J’acceptais tout, les cadeaux comme les injures, tant qu’il m’aimait.
En société, il était parfait dans son rôle de compagnon attentionné ; dans l’intimité, il me tenait à sa merci. Et j’en redemandais…
Lorsque nous faisions l’amour, j’en ressortais tellement meurtrie que je n’osais plus sortir, pour ne pas afficher mes blessures aux yeux des autres. Non, je les gardais pour moi, je les admirais dans le miroir comme les plus beaux des bijoux.
Les voisins nous jetaient des regards curieux, voire effrayés. Les bruits qu’ils devaient entendre, en plein milieu de la nuit…
J’ai bien cru que je n’allais pas survivre à notre nuit de noces. Cette nuit-là, il m’a offert trois côtes cassées et un coquard.

Ça lui a pris neuf ans pour me tuer. Neuf années d’un amour sauvage, à cacher mes blessures sous de fausses excuses. Neuf ans à collectionner les bleus comme autant de preuves d’amour.

Et puis, la semaine dernière, il a commis l’irréparable. Il m’a enfin achevée. Que c’était beau…
Il a tout planifié, jusque dans les moindres détails. Il m’a fait écrire ma lettre d’adieu, puis il m’a demandée d’accrocher la corde à la poutre du grenier. Il n’a pas eu à me menacer, juste à murmurer ses ordres comme on susurre des mots d’amour. Je frémissais sous ses doigts, anticipant le bouquet final.
La dernière image que j’ai emportée dans la mort est son sourire doux et cruel à la fois, ce sourire pour lequel j’aurai vraiment fait n’importe quoi…

Aujourd’hui, il est arrivé avec un bouquet de fleurs violettes qu’il a déposé sur ma tombe, en murmurant ces mots :
– Tu me manques.
Quel culot…
Je ne veux pas qu’on ait pitié de moi, car j’ai vécu la plus belle et la plus intense des histoires d’amour. Et ces fleurs sont tellement belles…


Et pour terminer cette sélection, je vous présente le mien, hors concours :

Inspiration n°2

· Texte d’Amelia Pacifico ·

Une brique avait fait exploser la fenêtre, et mon cœur à la même seconde. Le climat anxiogène qui régnait dans les rues de la ville depuis des mois avait atteint son paroxysme ces dernières vingt-quatre heures. « La justice du peuple », comme ils l’appelaient, s’inscrivait désormais dans la droite ligne des changements profonds que notre société avait opérés à la destitution de notre Président. Aucun des représentants temporaires qui s’étaient succédés à sa suite n’avait eu le pouvoir de stopper la machine en marche. Le peuple décidait. Après des années de lutte, de grèves et de sièges en tout genre, c’était enfin acté, le peuple était au pouvoir.
J’osais un regard vers Dimitri, qui restait amorphe, assis à la table de la cuisine. Ma mère débarqua des toilettes, en furie :
— Mais ils sont pas bien dans leur tête ou quoi ?
Mon frère ne répondit pas.
— Ils vont bientôt venir le chercher, maman, avançai-je d’une petite voix. On doit faire quelque chose.
Un profond soupir souleva sa poitrine de matrone en colère. Elle nous avait eus sur le tard, et avec difficulté, alors rien ne l’aurait arrêtée dans son désir de protéger sa chair. Ses yeux perçants me traversèrent pour aller chercher au plus profond d’elle-même une idée qui aurait pu fonctionner. Rien, jusqu’à présent, n’était parvenu à freiner cette populace bien décidée à réparer les torts de son prochain et à faire respecter ce que la majorité considérait comme un comportement convenable.
— On va le cacher dans l’abri du sous-sol. On n’a pas le choix. Va préparer tes affaires, Dim, dit-elle en s’essuyant les mains sur son tablier sale.
Son timbre grave manquait d’air. Sans un mot, mon jumeau se leva pour se rendre dans sa chambre dans laquelle je le suivis d’un pas tremblant. Tout en le regardant réunir quelques bricoles essentielles à son isolement forcé, je cherchai les bons mots, mais aucun ne vint.
— Je vais partir, Sarah, je vais partir pour que vous soyez tranquilles, mais tu dis rien à maman, OK ?
C’était la phrase que je redoutais d’entendre depuis cette maudite brique qui avait traversé les carreaux au-dessus de l’évier. Quelques syllabes lâchées dans un murmure, comme livrées par un fantôme.
— Non, Dimitri, non, maman ne va jamais s’en remettre, et moi, moi… je…
Ma voix se perdit dans le flot de larmes qui jaillit sans prévenir, dévastant toute construction de phrase cohérente sur son passage.
— Dimitri, je… tu…. non…!
— Sarah, Sarah, s’il te plaît, calme-toi. Chuuut… ça va aller…
Il me prit contre lui pour me serrer fort. L’une de ses mains caressait mes cheveux tandis que son odeur s’imprimait dans chacun de mes neurones olfactifs.
— Ca peut pas se finir comme ça, Dimitri, je t’en prie…
Mon souffle dans son oreille le fit frissonner. Il trembla des pieds à la tête avant de me répondre :
— Petite sœur, ça se finira comme je l’aurai décidé, c’est pour ça que je peux pas rester là, tu comprends ? Je peux pas me terrer comme un criminel, en attendant que ça se tasse pour revoir le jour, parce que tu le sais comme moi, ça se calmera pas tant qu’ils penseront que je suis encore là… et je suis pas comme ça, tu le sais ? C’est pas eux qui vont me dicter ma conduite.
De mauvaise grâce, je secouai la tête pour lui confirmer que c’était le cas. Je ne comprenais que trop bien.
— Tu vas tellement me manquer, tellement… lâchai-je avant de laisser les sanglots m’envahir définitivement et de me coller encore plus fort contre lui.
— Toi aussi, ma sauterelle, toi aussi…


Merci à tous pour vos participations et lectures ! Rendez-vous dans un peu moins d’un mois pour la session d’avril…

A bientôt 💋

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